La créatrice de la marque Oolmoo, Laurine Malengreau, réalise sur mesure des revêtement muraux et tableaux textiles en Nuno Silk (mélange non tissé de soie et laines naturelles).
Le beau paysage de Mithrim a été libéré de son métier dans les Ateliers Pinton après 1 800 heures de travail. La septième pièce de la tenture est restée quelques heures dans l’amphithéâtre de la Cité de la tapisserie avant de partir rejoindre 3 autres tapisseries Tolkien présentées à la BnF à Paris jusqu’au 16 février 2020, dans le cadre de la grande exposition dédiée à J.R.R. Tolkien.
Tombée du métier dans les Ateliers Pinton à Felletin, Mihtrim s’est ensuite dévoilée peu à peu dans l’amphithéâtre de la Cité, sous le regard attentif du public. Un moment d’émotion et de partage avec les lissiers et les spectateurs que Jean-François Giraud, Président du Crédit Agricole Centre France et mécène de ce tissage, a ressenti durant le dévoilement : « C’est vraiment un moment magique. »
Une exclusivité pour ceux qui étaient présents ce jour-là puisque Mithrim est restée quelques heures seulement à la Cité avant de partir en finitions de couture puis être convoyée vers la BnF (Bibliothèque nationale de France) pour la grande exposition « Tolkien voyage en Terre du Milieu » à Paris, aux côtés de trois autres tapisseries de l’opération « Aubusson tisse Tolkien » : Rivendell, Bilbo Comes to the Huts of the Raft-Elves et Halls of Manwë - Taniquetil.
Retrouvez la vidéo de la tombée de métier :
L’œuvre
L’aquarelle originale
Le Silmarillion est une œuvre publiée à titre posthume en 1977 par le fils de J.R.R. Tolkien, Christopher. Commencé dans les années 1910, l’auteur y travaillera jusqu’à sa mort en 1973. Le Silmarillion retrace la genèse et les Premiers Âges de la Terre du Milieu. Après une introduction cosmogonique et une présentation des Valar, les puissances qui gouvernent le monde, l’ouvrage est constitué par la Quenta Silmarillion, un long récit racontant les tribulations et les exploits des Elfes jusqu’à la chute de Morgoth, le premier Seigneur des ténèbres. Le titre du livre provient des Silmarils, trois joyaux aux pouvoirs fabuleux qui sont au coeur de l’histoire. Le reste du livre est dédié à la gloire et la chute des Hommes de Nùmenor au Second Âge et à l’histoire de la Terre du Milieu jusqu’à la guerre de l’Anneau.
Le Silmarillion, La Formation de la Terre du Milieu (Extrait - Chapitre 13 « Le retour des Noldor »)
« Avant que la Lune vint éclipser la froide lumière des étoiles, l’armée de Feanor remonta l’estuaire du drengist entre les Collines de l’Echo, Ered Lomin, et atteignit le vaste territoire d’Hithlum. Quand ils arrivèrent sur la rive nord du grand lac Mithrim ils installèrent leur camp dans la région qui porte le même nom. Mais les hordes de Morgoth, alertées par le fracas de Lamoth et l’incendie de Losgar, traversèrent les cols des Montagnes de l’Ombre, Ered Wethrin, et attaquèrent Feanor par surprise avant que le camp ne soit complètement installé et en position de défense. Les plaines grises de Mithrim virent alors la Seconde Bataille des Guerres de Beleriand. »
Après avoir réalisé Halls of Manwë - Taniquetil, les Ateliers Pinton ont tissé, tout en longueur, le lac et les collines de Mithrim. Les couleurs froides de l’immense montagne ont laissé place aux couleurs chaudes et lumineuses de Mithrim.
5 mois de tissage, soit 1 800 heures de travail, ont été nécessaires aux lissiers et lissières pour réaliser cette oeuvre de 9 m2. Un travail long et rigoureux d’autant plus que Mithrim imposait une contrainte technique pour la rapidité du tissage. En effet, contrairement aux autres pièces de la Tenture Tolkien, la petite largeur de Mithrim ne laissait la place qu’à un seul lissier à la fois sur le métier à tisser.
Comme pour l’ensemble des pièces de la Tenture, le principe d’interprétation, inspiré des techniques des XVe et XVIe siècles : l’utilisation de couleurs pures et une écriture technique très marquée avec l’utilisation systématique de « battages ». Un choix pertinent, selon Lucas Pinton, directeur des Ateliers Pinton, expliquant que « ces battages, de près on les voit et quand on s’éloigne, tout paraît limpide et on ne les voit même plus. Et c’est ça qui est intéressant avec la tapisserie, c’est jamais dans le détail, c’est toujours de regarder l’ensemble avec du recul. »
"Christmas 1928", une nouvelle tapisserie Tolkien pour les fêtes
10.12.2019
À Aubusson, Christmas 1928 "tombera du métier" le 20 décembre prochain pour rejoindre les collections de la Cité internationale de la tapisserie.
Alors que la Bibliothèque nationale de France présente actuellement à Paris quatre tapisseries du projet "Aubusson tisse Tolkien" réalisé depuis fin 2017 par la Cité internationale de la tapisserie, l'aventure des tissages de cette série de tapisseries tirée d'illustrations originales de l'auteur britannique se poursuit à Aubusson. Une deuxième Lettre du Père Noël, huitième œuvre de la Tenture Tolkien, sera libérée du métier à tisser puis dévoilée dans l'après-midi du 20 décembre.
Christmas 1928 (Letter from Father Christmas, 1928) est la deuxième œuvre d'un ensemble de trois tapisseries d’après les Lettres du Père Noël (1926, 1928, 1933). La série des Lettres du Père Noël tient une place particulière dans la Tenture Tolkien, puisqu'il s'agit de pièces moins monumentales avec un tissage plus fin, pour souligner leur histoire, intimiste et familiale : chaque mois de décembre entre 1920 et 1943, J.R.R. Tolkien écrivit pour ses enfants une lettre signée du Père Noël et venant tout droit du Pôle Nord, accompagnée d’une illustration. Ces contes relant la vie du Père Noël et ses aventures avec son assistant l'Ours Polaire Karhu au Pôle Nord ont été édités par Baillie Tolkien en 1976.
Les trois tissages des Lettres du Père Noël font l'objet d’un financement spécifique par le Tolkien Trust.
Christmas 1928 est tirée de l'illustration de la lettre reçue par les enfants Tolkien en 1928. L'œuvre illustre l’une des nombreuses mésaventures de l’Ours Karhu, facétieux et maladroit assistant du Père Noël. Insistant pour transporter une grande quantité de paquets à la fois, sur sa tête et dans ses bras, pour les apporter dans les entrepôts, il tomba à la renverse dans les escaliers.
Le tissage a été confié à l'Atelier Guillot, guidé par un carton tracé par la peintre-cartonnière Delphine Mangeret. Les lissiers et les lissières se sont servis d’une cinquantaine de couleurs réalisées par le teinturier aubussonnais Thierry Roger et d’une seule matière, la laine.
Tout au long de la réalisation de cette tapisserie de 7,84 m2, l’Atelier Guillot a accueilli les élèves-lissières du Brevet des Métiers d'Art "Art de la Lisse" – dispensé à la Cité internationale de la tapisserie et coordonné par le GRETA du Limousin –, qui se sont réparties le travail pendant les 4 mois de tissage.
L'œuvre sera révélée pour la première fois en entier et sur l'endroit le 20 décembre prochain, à l'occasion de sa "tombée de métier", événement unique et spécifique à la tapisserie de basse-lisse – le tissage sur métier de basse-lisse s'effectuant sur l'envers et l'œuvre étant enroulée au fur et à mesure du tissage. Son dévoilement se déroulera en public dans l'amphithéâtre de la Cité de la tapisserie, dès 16h15.
Elle sera visible à la Cité internationale de la tapisserie pendant les fêtes, après les quelques jours nécessaires aux coutures de finitions. La Cité de la tapisserie fermera ensuite ses portes du 1er au 31 janvier 2020 afin de procéder à son nouvel accrochage et effectuer quelques réaménagements. Le public pourra de nouveau admirer les tapisseries Tolkien au cœur du parcours d'exposition dès la réouverture en février.
Comedia, Limbo, Hugo L'Ahelec, appel à création 2019.
Projet de tapisserie associée à une scuplture en céramique, des sphères en cuir pouvant servir d'assises, un miroir en volume sur un châssis de bois et un miroir en tôle poli-miroir gravé.
Hugo L'Ahelec a choisi d'explorer, à travers la tapisserie comme scène centrale et ses objets associés, le récit de Dante dans La Divine Comédie - L'Enfer, Chant IV (Les Limbes).
Avec "L'œuvre ouverte : la tapisserie en extension", la thématique de l'appel à création 2019 invitait en effet les artistes à imaginer la tapisserie comme pièce centrale d’un dispositif artistique et décoratif contemporain, générant autour de l'œuvre tissée un espace immersif, modulable, adaptable aux lieux de vie comme aux espaces d'exposition, sous la forme d'éléments mettant en œuvre d'autres techniques (impressions textiles ou papier, métal, céramique, émail, bois, etc.) et lui faisant écho.
Aux côtés du Grand Prix d'Anne-Laure Sacriste et du 2e Prix de Raphaël Barontini, le jury de sélection a choisi de conserver 3 maquettes parmi les 10 projets finalistes de 2019, en vue de la promotion de ce type de dispositif auprès des professionnels. Le projet Hugo L'Ahelec est conservé et mis à la disposition d'éventuels commanditaires.
Hugo L'ahelec est diplômé de l'École Boulle et de l'ENSCI-Les Ateliers.
Tapisserie troglodytique, Jenna Kaës et Clément Vuillier, appel à création 2019.
Projet de tapisserie associée à six éléments mobiliers issus de la technique de la pétrification calcaire.
Le projet prévoit de faire écho à la tapisserie évoquant l'ouverture d'une grotte, à travers un ensemble mobilier réalisé grâce à la technique de la pétrification calcaire, en plaçant les objets (une applique, une lampe à poser, un chandelier, un guéridon, un vase et une table basse) au coeur du Gouffre de Proumeyssac (24), où des techniciens réaliseraient les pièces en plaçant les objets (drapés textiles rigidifiés par une résine) sous une source "pétrifiante" pendant plusieurs années et en les retournant régulièrement.
Avec "L'œuvre ouverte : la tapisserie en extension", la thématique de l'appel à création 2019 invitait en effet les artistes à imaginer la tapisserie comme pièce centrale d’un dispositif artistique et décoratif contemporain, générant autour de l'œuvre tissée un espace immersif, modulable, adaptable aux lieux de vie comme aux espaces d'exposition, sous la forme d'éléments mettant en œuvre d'autres techniques (impressions textiles ou papier, métal, céramique, émail, bois, etc.) et lui faisant écho.
Aux côtés du Grand Prix d'Anne-Laure Sacriste et du 2e Prix de Raphaël Barontini, le jury de sélection a choisi de conserver 3 maquettes parmi les 10 projets finalistes de 2019, en vue de la promotion de ce type de dispositif auprès des professionnels. Le projet de Jenna Kaës et Clément Vuillier est conservé et mis à la disposition d'éventuels commanditaires.
Jenna Kaës est diplômée de l'ESAD de Strasbourg et Clément Vuillier a été formé à l'École cantonnale d'art de Lausanne.
Dans l'espace "exquisite" de la nuit..., Julie Bena (maquette)
Dans l'espace "exquisite" de la nuit, le printemps est roi, Julie Bena, appel à création 2019.
Projet de tapisserie de 3,85 x 1,80 m, en association avec un costume (un manteau de cuir peint, un pantalon de cuir, un body en dentelle), possiblement porté dans le cadre d'une performance narrative, une chaise haute et sa tablette en métal, verre et tissu. Le dispositif peut être complété par une carafe et des verres.
Avec "L'œuvre ouverte : la tapisserie en extension", la thématique de l'appel à création 2019 invitait en effet les artistes à imaginer la tapisserie comme pièce centrale d’un dispositif artistique et décoratif contemporain, générant autour de l'œuvre tissée un espace immersif, modulable, adaptable aux lieux de vie comme aux espaces d'exposition, sous la forme d'éléments mettant en œuvre d'autres techniques (impressions textiles ou papier, métal, céramique, émail, bois, etc.) et lui faisant écho.
Aux côtés du Grand Prix d'Anne-Laure Sacriste et du 2e Prix de Raphaël Barontini, le jury de sélection a choisi de conserver 3 maquettes parmi les 10 projets finalistes de 2019, en vue de la promotion de ce type de dispositif auprès des professionnels. Le projet de Julie Bena est conservé et mis à la disposition d'éventuels commanditaires.
Formée à la Villa Arson à Nice puis à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Julie Bena est représentée par la galerie Joseph Tang à Paris.
Sans titre, par Raphaël Barontini, 2e Prix 2019. Projet d'installation en tapisserie, soie imprimée et inserts sérigraphiés.
Le deuxième prix 2019 revient à Raphaël Barontini, artiste formé aux Beaux-Arts de Paris et représenté par la galerie Alain Gutharc à Paris, The Pill à Istanbul et Espai Tactel à Valence.
Dans la lignée de son travail pour "sortir la peinture du châssis", Raphaël Barontini s'est intéressé à la rencontre entre la pratique, séculaire, de la tapisserie de basse-lisse, et des pratiques textiles plus contemporaines comme l'impression et la sérigraphie.
Il imagine une installation empreinte d'onirisme, évoquant tout à la fois une tête de lit royal, à baldaquin, ou un décor de salle du trône, entre Orient et Occident.
L'installation est constituée d'un pan central en tapisserie qui vient s'hybrider à des inserts sérigraphiés sur différentes matières, dans l'esthétique d'un collage, et s'assemble en volume avec des voilages aux drapés baroques, imprimés sur soie.
Dans cet imaginaire poétique créole, l'agglomération dans des teintes acides des références culturelles – de la peinture italienne du XVIe siècle à la sculpture antique, en passant par l'art africain – fait écho à la confrontation des factures, des différences de poids et de tombés, de trames et de textures.
Paradis, Anne-Laure Sacriste, installation en tapisserie, cuivre et céramique émaillée, Grand Prix 2019.
Pour l'édition 2019 de l'appel à création de la Cité internationale de la tapisserie, placée sous le thème "L'œuvre ouverte : la tapisserie en extension" visant à récompenser des dispositifs intégrant la tapisserie dans des ensembles décoratifs, Anne-Laure Sacriste se voit attribuer le Grand Prix pour Paradis. Le projet d'environ 2 m de haut assemble tapisserie, panneaux et damiers de cuivres et objets en céramique émaillée.
Formée aux Beaux-Arts de Paris et à l'École Duperré ainsi qu'à la Parson School of Design de New York, la pratique d'Anne-Laure Sacriste témoigne de ce double cursus, où la peinture, la gravure et le dessin sont intégrés à des installations complexes. Elle est représentée par la galerie Vera Munro à Hambourg.
Empruntant un motif, entre verdure et millefleurs, au moine Fra Angelico dans L’Annonciation peinte au couvent San Marco à Florence, Anne-Laure Sacriste propose un espace contemplatif, que l'on peut déplacer et installer en fonction des lieux. L'installation se compose autour de deux panneaux de tapisserie tendus sur châssis, Verdure à la colonne et Verdure All-over.
Deux plaques de cuivre, à hauteur des tapisseries, jouent de leurs reflets en déplaçant l'image et questionnant le regard du spectateur. Un damier au sol, constitué de sept plaques de cuivre (en résonance avec les jardins conçus par Mirei Shighemori au Japon), prolongent l'image de la tapisserie et juxtaposent les perspectives. Trois tortues de céramique émaillée complètent le dispositif. Dans cet espace mouvant ambigu, l'image n'en finit pas de disparaître, d'apparaître, de se multiplier.
Anne-Laure Sacriste et Raphaël Barontini remportent respectivement le Grand Prix et le Deuxième Prix de l'appel à création 2019.
Le jury de sélection de l'appel à projets de tapisseries contemporaines 2019 s'est prononcé ce mercredi à Aubusson pour attribuer le Grand Prix et le Deuxième Prix 2019. Pour cette édition placée sous le thème "L'œuvre ouverte : la tapisserie en extension", ce sont deux dispositifs intégrant la tapisserie dans des ensembles décoratifs aux univers très différents qui seront réalisés pour rejoindre le Fonds contemporain de la Cité internationale de la tapisserie.
Constitué de membres du Syndicat mixte de la Cité de la tapisserie et de personnalités qualifiées (Xavier Dectot, Musée national D'Écosse, Alain Gosselin, architecte d'intérieur et Mathieu Buard, commissaire d'expositions), le jury présidé par Valérie Simonet, Présidente du Conseil départemental de la Creuse et de la Cité de la tapisserie, a attribué le Grand Prix 2019, doté de 15 000 euros, à Anne-Laure Sacriste pour son projet d'installation intitulé Paradis. Raphaël Barontini décroche le deuxième prix, doté de 10 000 euros.
Les œuvres primées seront tissées selon les techniques de la tapisserie d’Aubusson reconnues par l’UNESCO au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité et les éléments qui les complètent seront également réalisés. Les ensembles intègreront la collection de la Cité internationale de la tapisserie.
3 maquettes présentées parmi les 10 projets finalistes sont également conservées par la Cité de la tapisserie en vue de la promotion de ce type de dispositif auprès des professionnels : Julie Bena, Hugo L'Ahelec et le duo constitué par Jenna Kaës et Clément Vuillier.
Avec "L'œuvre ouverte : la tapisserie en extension", la thématique de l'appel à création 2019 invitait les artistes à imaginer la tapisserie comme pièce centrale d’un dispositif artistique et décoratif contemporain, générant autour de l'œuvre tissée un espace immersif, modulable, adaptable aux lieux de vie comme aux espaces d'exposition, sous la forme d'éléments mettant en œuvre d'autres techniques (impressions textiles ou papier, métal, céramique, émail, bois, etc.) et lui faisant écho.
Grand Prix 2019
Paradis, par Anne-Laure Sacriste
Formée aux Beaux-Arts de Paris et à l'École Duperré ainsi qu'à la Parson School of Design de New York, la pratique d'Anne-Laure Sacriste témoigne de ce double cursus, entre peinture, gravure et dessin, intégrés à des installations complexes. Elle est représentée par la galerie Vera Munro à Hambourg.
Empruntant un motif, entre verdure et millefleurs, au moine Fra Angelico dans L’Annonciation peinte au couvent San Marco à Florence, Anne-Laure Sacriste propose un espace contemplatif, que l'on peut déplacer et installer en fonction des lieux. L'installation se compose autour de deux panneaux de tapisserie tendus sur châssis, Verdure à la colonne et Verdure All-over.
Deux plaques de cuivre, à hauteur des tapisseries, jouent de leurs reflets en déplaçant l'image et questionnant le regard du spectateur. Un damier au sol, constitué de sept plaques de cuivre (en résonance avec les jardins conçus par Mirei Shighemori au Japon), prolongent l'image de la tapisserie et juxtaposent les perspectives. Trois tortues de céramique émaillée complètent le dispositif. Dans cet espace mouvant ambigu, l'image n'en finit pas de disparaître, d'apparaître, de se multiplier.
Deuxième prix
Sans titre, par Raphaël Barontini
Le deuxième prix 2019 revient à Raphaël Barontini, artiste formé aux Beaux-Arts de Paris et représenté par la galerie Alain Gutharc à Paris, The Pill à Istanbul et Espai Tactel à Valence.
Dans la lignée de son travail pour "sortir la peinture du châssis", Raphaël Barontini s'est intéressé à la rencontre entre la pratique, séculaire, de la tapisserie de basse-lisse, et des pratiques textiles plus contemporaines comme l'impression et la sérigraphie.
Il imagine une installation empreinte d'onirisme, évoquant tout à la fois une tête de lit royal, à baldaquin, ou un décor de salle du trône, entre Orient et Occident.
L'installation est constituée d'un pan central en tapisserie qui vient s'hybrider à des inserts sérigraphiés sur différentes matières, dans l'esthétique d'un collage, et s'assemble en volume avec des voilages aux drapés baroques, imprimés sur soie.
Dans cet imaginaire poétique créole, l'agglomération dans des teintes acides des références culturelles – de la peinture italienne du XVIe siècle à la sculpture antique, en passant par l'art africain – fait écho à la confrontation des factures, des différences de poids et de tombés, de trames et de textures.
3 maquettes supplémentaires conservées par la Cité de la tapisserie
3 maquettes présentées parmi les 10 projets finalistes sont également conservées par la Cité de la tapisserie en vue de la promotion de ce type de dispositif auprès des professionnels : Julie Bena, Hugo L'Ahelec et le duo constitué par Jenna Kaës et Clément Vuillier.
Peintre d'origine grecque, venu en France à l’âge de six ans, Prassinos appartient par sa famille et ses relations à un milieu d’intellectuels. Sa sœur, Gisèle Prassinos, jeune écrivain, fait partie du cercle des grands poètes de l’époque (André Breton, René Char, Tristan Tzara…). Mario Prassinos côtoie à Paris les personnalités les plus marquantes de la vie culturelle de son temps : des peintres (Max Ernst, Jean Arp , Dali, Picasso…), des éditeurs (les Gallimard, Paulhan), des hommes de théâtre (Charles Dullin, Jean Vilar…), il est aussi ami avec Raymond Queneau, dont il suit les recherches sur le langage et l’écriture. Placé au cœur des grands mouvements artistiques et littéraires de son époque, Mario Prassinos en a forcément subi les influences.
Si vers 1950 les débuts de sa carrière comme peintre-cartonnier sont assez classiques (passage de la peinture à la tapisserie, rencontre avec le "maître" Jean Lurçat, découverte du carton numéroté et du travail d’atelier à Aubusson…), son univers, en revanche, est unique. Pour en parler, on doit d’abord évoquer son travail graphique, et surtout ses encres de Chine. Ses recherches picturales l'ont amené à recréer au moyen de "signes" les émotions qu'il ressent au contact de certains éléments de la nature (les collines provençales qu'il aime parcourir en tous sens, les cyprès, le vol des oiseaux..). En tapisserie, cette écriture s'agrandit, devient monumentale, dépouillée, et peut prendre des accents dramatiques, surtout lorsque l'artiste use du rouge et d'oppositions volontairement brutales de noirs et de blancs. Ses compositions sont abstraites, loin de l’anecdote décorative ; elles naissent souvent de formes étranges, qui une fois assemblées, prennent un sens ou évoquent une émotion.
Fidèle aux mêmes lissiers pendant toute sa carrière – ceux de l’atelier Goubely à Aubusson –, peu à peu Prassinos trouve un style et une gamme bien reconnaissables, alternant zones de couleurs pures et zones retravaillées à l’aide des procédés de tissage : hachures, piqué, chiné… qui ne sont pas sans rappeler d’ailleurs le pointillisme de ses encres de Chine. Les titres shakespeariens qu’il choisit souvent pour ses tapisseries les auréolent de romanesque : Roméo et Juliette, Falstaff, King Lear, Macbeth, Le Songe d’une nuit d’été…
Son passage à Aubusson a marqué l'esprit des lissiers (et particulièrement des lissières !) de l'époque : "C'était un rayon de soleil qui rentrait dans l'atelier, Prassinos" (Bernadette Lyraud, ancienne lissière chez Goubely, extrait du film "Tissage d'humanité", 2012).
Carton pour la tapisserie Sainte-Barbe, annoté par Mario Prassinos.
En 1984, du vivant de l’artiste, le musée de la Tapisserie a organisé à Aubusson une exposition rétrospective avec le catalogue de toutes ses tapisseries (1951-1980).
En 2017, la Cité de la tapisserie lui a consacré l'exposition estivale à l'Église du Château de Felletin. Ses œuvres sont présentées régulièrement dans le parcours de la Nef des Tentures de la Cité internationale de la tapisserie, qui retrace six siècles d'histoire de la tapisserie à Aubusson.
Une Fondation Donation Mario Prassinos existe à Saint-Rémy-de-Provence depuis 1985.